ces derniers temps, lassé du visage de mes semblables humains
j'ai dessiné leurs fringues, nos fringues, nos frusques, nos hardes
j'ai peint des costumes, des uniformes, des habits, des tenues, des petites tenues,
des toilettes, de la vêture et des guenilles
c'était comme peindre des nus, des déjeuners sur l'herbe
les animaux humains qui ont abandonné leurs oripeaux pour un bain,
un soin, un béguin, une fin, ne sont jamais loin
entre bestiaire et vestiaire il n'y a qu'une lettre de différence
j'ai peint les vestes des bestes humaines
qui doivent s'habiller et peuvent se mettre nus, à poils
te salis pas ! criaient les mères
j'ai peint les fleurs sur les robes d'été et les rayures inaltérables sur la veste du déporté,
j'ai peint les traces, les accrocs, les déchirures, les empreintes,
les brûlures des fers à repasser, les souillures, les blessures.
j'ai peint les taches de peinture, le cambouis,
la pourpre des coquillages,
le sang